Billet 3 : Le potentiel du numérique

Dans ma pratique professionnelle, le numérique a une place prédominante, voire primordiale, que ce soit dans la conception des cours, la conception et la production de ressources d’enseignement et d’apprentissage, que dans les formations à l’utilisation pédagogiques de ceux-ci, notamment dans la formation à distance (FAD).  

Les personnes enseignantes qui enseignent en FAD (synchrone ou asynchrone), et qui ont délibérément choisi cette modalité, ont des perceptions et des ressentis positifs comme présentés par Ailianca et Gabillon (2018, cité dans Couture, 2020) et particulièrement, celles que j’accompagne pensent à : répondre aux attentes de la population étudiante (alliance travail-famille-études, localisation, etc.), contribuer à la diversification des approches d’apprentissages et offrir une valeur ajoutée par leur cours. Ce dernier objectif est bien souvent associé au concept d’innovation dans le sens Charlier et Peraya (2003, cité dans Stockless, 2016) c'est un processus complexe qui vise l’amélioration de l’apprentissage des personnes étudiantes. Cela « implique toujours une volonté délibérée de changement » (Depover, 2010, p. 63) (cité dans Stockless, 2016). Ainsi, le numérique sert donc de porte d’entrée pour essayer, tester et créer. Les personnes enseignantes vont d’abord essayer des scénarios et des outils qu’elles connaissent et qu’elles ont déjà expérimentés, puis tester pour vérifier si cela est compatible avec leurs objectifs, leurs valeurs, leur contexte d’enseignement et leurs capacités technologiques avant d’en créer de nouveau.   

C’est que les inconvénients apparaissent. Lorsque les personnes enseignantes font une analyse de leur activité, mettent en avant leurs propres vécus de personne enseignante et/ou de personne étudiante en FAD, différents ressentis surgissent : la complexité du numérique, les difficultés liées à la gestion du matériel et de la classe, les réticences liées à l’écart de compétences entre le corps enseignant et la population étudiante mais surtout l’exigence du temps de préparation (réticences liées au temps et au travail supplémentaires) (Charlier et Peraya, 2003, a).  

Une grande partie de mon travail est de les former, mais surtout les accompagner dans ces changements pour gérer leurs attentes et repenser des scénarios pédagogiques qui intègrent le numérique qu’elles auront choisi et adapté en fonction de leurs objectifs et compétences. C’est un travail qui peut être long et exigeant, la disponibilité de chacun mais aussi l’engagement et l'adaptation aux changements sont nécessaires pour pouvoir atteindre les objectifs fixés.   


Le numérique offre un potentiel infini puisque les technologies ne cessent d’évoluer. En éducation, je pense que les avantages et les inconvénients sont liés à cette évolution mais surtout aux usages pédagogiques que l’on peut en faire car souvent le numérique est mis de l’avant dans un contexte éducatif sans repenser les pratiques éducatives (Forget-Dubois, N. 2020).  


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Références  :


COUTURE, H. (2020). Discours, imaginaires et représentations sociales du numérique en éducation : document préparatoire pour le Rapport sur l’état et les besoins de l’éducation 2018-2020, Études et recherches, Québec, Conseil supérieur de l’éducation, 27 p.  

AILINCAI, R. et GABILLON, Z. (2018). «Analysing Teachers’ Representations of Digital Technology Using a Grounded Theory Approach», Eurasia Journal of Mathematics, Science and Technology Education, vol. 14, no 10, p.1-18, réf. du 3 septembre 2019,

https://www.ejmste.com/download/analysing-teachers-representations-of-digital-technology-using-a-grounded-theory-approach-5551.pdf 

FORGET-DUBOIS, N. (2020). Définitions et modalités de la formation à distance, Études et recherches, Québec, Conseil supérieur de l’éducation, 46 p.  

  

 

 

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